Acoustique des pinnipèdes

 

Comme les dauphins, les Pinnipèdes évoluent et se nourrissent souvent dans des eaux peu limpides. On peut donc penser que ces mammifères marins, comme leurs congénères Odontocètes, se sont adaptés à cet environnement en mettant en place des adaptations anatomiques et physiologiques pour se repérer et chasser dans le milieu aquatique au cours de leur évolution.
Cependant les Pinnipèdes sont amphibies, ils passent une grande partie de leur temps à terre. Contrairement aux dauphins, l’oreille des Pinnipèdes doit donc être fonctionnelle dans deux milieux très dissemblables d’un point de vue acoustique : le milieu aérien et le milieu aquatique.

 

Communication sonore sociale chez des Morses

Ces animaux sociaux vivent en colonies sur les rivages, la banquise ou des plaques de glace dérivantes.
Des chercheurs ont montré que lors des interactions sociales les morses du Pacifique (Odobenus rosmarus divergens) mâles et femelles émettent des vocalisations différentes de leurs congénères de l’Atlantique (Charrier et al., 2010). De plus, ces animaux sont capables de distinguer des vocalisations de partenaires connus ou familiers versus des vocalisations de morses inconnus. Cette étude a été réalisée sur 2 mâles et 4 femelles hébergées au Dolfinarium à Harderwijk en Hollande. Malgré le faible échantillon (peu d’individus étudiés), ce travail nous permet d’en savoir un peu plus sur les capacités cognitives des morses et sur leur communication sociale.

Une oreille droite plus performante chez les otaries de Californie ?

Une expérience réalisée sur 8 otaries de Californie (Zalophus californianus) subadultes et adultes a montré qu’elles semblent utiliser préférentiellement leur oreille droite lorsque des vocalisations de congénères familiers et inconnus sont diffusées dans leur environnement (Böye et al., 2005). En revanche, cette préférence disparaît quand on leur donne à entendre des vocalisations de trois espèces de primates (chimpanzés, singes vervet et singes tamarin) familiers (hébergés à proximité) ou inconnus. Il semblerait donc que chez ces animaux amphibies l’hémisphère cérébral gauche serve au traitement de la communication vocale. On retrouve cette spécificité hémisphérique chez de nombreux primates non-humains.

Stimuler la production de nouvelles vocalisations chez des morses

Les Morses du Pacifique (Odobenus rosmarus divergens) émettent une grande variété de vocalisations aussi bien dans l’air que dans l’eau.
Des chercheurs ont stimulé la production de sons et de séquences sonores chez deux morses (un mâle et une femelle) en les renforçant uniquement que lorsqu’ils émettaient des sons différents de ceux qu’ils avaient émis et lorsqu’ils créaient de nouvelles combinaisons de vocalisations (des séquences sonores) (Schusterman & Reichmuth, 2008).
Cette expérience, effectuée dans l’air et dans l’eau, a montré que les 2 animaux produisaient des émissions sonores différentes dans les 2 milieux, mais ils étaient aussi créatifs dans l’air que dans l’eau !

(Schusterman et al., 2000)

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