Etudes scientifiques

L’équipe du Delphinarium participe à la conception, la mise en place et la réalisation de projets scientifiques menés par des chercheurs français et étrangers.
Les études s’intéressent à la biologie, la physiologie, la cognition et à l’éthologie des dauphins et des otaries, mais aussi aux questions de bien-être (études relatives à l’enrichissement de leur milieu de vie) et à l’acoustique de ces animaux.
Les résultats sont présentés dans des conférences nationales et internationales et font l’objet de publications scientifiques.
Le Delphinarium met à disposition des chercheurs ses supports logistiques et ses ressources humaines.

 

Des dauphins = des personnalités

Collaboration : université Paris 13
Des recherches menées par des éthologues et des psychologues visent à mettre en évidence et à analyser les différences de personnalité (tempérament) chez les dauphins.
Les premiers résultats montrent que tous les animaux sont sociaux, ils recherchent et aiment la compagnie de leurs congénères et sont plutôt détendus.
Les dauphins développent des préférences pour certains partenaires sociaux. Les mères et leurs jeunes passent beaucoup de temps ensemble par exemple. Les animaux dont les profils sont similaires ont tendance à être proches et à interagir.
Birgitta Mercera et Dr Fabienne Delfour ont lancé une étude européenne. Deux autres structures participent à ce projet. Il s’agit du Kolmården Wild Animal Park (Suède) et du Barcelona Marine Zoo (Espagne).
Les chercheurs espèrent ainsi pouvoir comparer leurs résultats mais surtout mieux comprendre comment les dauphins construisent leur vie sociale, si certains traits de caractères sont stables, comment la personnalité influe sur les apprentissages, etc.
Les applications de cette étude sont nombreuses : gestion des animaux, amélioration de leur bien-être, meilleure compréhension de leurs comportements, de leurs capacités cognitives, etc.

Brochure explicative sur les personnalités

 

Analyse de l’enrichissement du milieu

Collaborations : université Paris 13 et Anglia Ruskin University (UK)
De nombreuses structures proposent des « jouets » aux animaux mais personne n’avait étudié l’efficacité de l’enrichissement du milieu chez des dauphins.
Une recherche menée au Delphinarium par des éthologues a permis de montrer que les dauphins ne manipulaient que 50% des objets et qu’ils avaient tendance à utiliser les objets les plus simples.
Certains dauphins ont un ou deux jouet(s) qu’ils préfèrent, mais ce qu’ils privilégient par-dessus tout, ce sont leurs partenaires sociaux ! Ce qui est plutôt bon signe pour des animaux sociaux.

 

Comportements d’anticipation et bien-être animal

Collaboration : univ. Anglia Ruskin (UK)

Les comportements d’anticipation sont fréquemment observés chez des espèces animales hébergées en parc zoologique. En effet, les moments de nourrissage et des autres activités peuvent être rapidement appris par les animaux qui auront tendance à anticiper ces évènements par la suite.
Une étudiante est venue étudier les comportements d’anticipation chez les dauphins avant les sessions d’apprentissage et les représentations devant le public. La question était de savoir si ces animaux étaient capables de prédire la survenue de ces évènements et quelles conséquences cela pouvait avoir sur leur comportement et leur bien-être.
Cette étude, récompensée par l’UFAW (Universities Federation for Animal Welfare) a montré que les dauphins se préparent aux sessions en regardant en surface ce qui se passe et en diminuant leurs déplacements. Cependant, dès que la session se termine, les animaux reprennent leurs activités, ce qui montre que le nourrissage ou le spectacle n’ont pas d’effets négatifs sur le bien-être de ces animaux. Par ailleurs, une analyse de leur rythme respiratoire a démontré une grande stabilité avant et après les représentations. Les animaux ne sont pas stressés ce qui renforce la conclusion précédente.

Brochure explicative sur les comportements d'anticipation

 

Echocardiographie des grands dauphins

Collaboration : Unité de Cardiologie d’Alfort (UCA), Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort.
Le Pr Valérie Chetboul, en collaboration étroite avec le vétérinaire du Delphinarium et les soigneurs, étudie la faisabilité de l’échocardiographie transthoracique chez le dauphin adulte. Cet examen permet d’analyser de façon non invasive à la fois la morphologie et la cinétique du coeur. Cette première mondiale a été présentée au grand public dans la presse (Paris Match).
Cette étude fera prochainement l’objet de communications dans des colloques scientifiques nationaux et internationaux

 

Réponse comportementale et acoustique à un signal d’appel

Les soigneurs ont appris aux dauphins à répondre individuellement à un signal sonore. Lorsqu’ils sont appelés, les animaux vocalisent fréquemment. Leurs vocalisations ont été analysées ainsi que leurs comportements. Deux femelles (mère et fille) ont émis des sifflements après avoir été appelées : ces vocalisations sont-elles des signatures sifflées ou bien des sifflements de contact ? La signature sifflée d’un dauphin correspond en quelque sorte à une identité vocale qui pourrait ressembler à un nom dont une partie est héritée de la lignée (famille) et une autre propre à l’individu.
Les réactions positives des dauphins nous invitent à proposer que cette tâche soit intégrée dans un programme d’enrichissement du milieu ou soit utilisée comme un renforcement.
L’analyse des sons produits par les dauphins après émission de leur signal d’appel est en cours.

Reconnaissance de soi

Collaboration : université Paris 13
Un enfant de 2 ans et demi reconnaît sa représentation visuelle dans le miroir. Cette reconnaissance de l’image spéculaire a aussi été mise en évidence chez certains animaux : les grands singes, les éléphants et les pies. Des chercheurs, dont Dr Fabienne Delfour, ont montré que les dauphins et les orques pouvaient eux aussi se reconnaître dans le miroir, contrairement aux otaries ou aux pseudorques.
Nous avons voulu savoir à quel âge apparaissait cette capacité à reconnaître son image spéculaire chez les dauphins. Une étudiante en Master 2 d’éthologie a montré que des animaux âgés de 2.5 et 3.5 mois ne possédaient pas cette capacité et échouaient à ce test, de même pour le jeune mâle, Galéo, alors âgé de 15 mois. Ils considéraient leur image dans le miroir comme un partenaire de jeu, certes bizarre mais tout de même intéressant.

 

Communication symbolique

Collaboration : université Paris 13.
Les dauphins apprennent à discriminer et associer des symboles visuels à des actions et à des objets.
Ce travail novateur est unique dans la mesure où ce sont les soigneurs animaliers du Delphinarium qui réalisent cette étude. Ils élaborent et mettent en place le protocole expérimental en collaboration avec F. Delfour, puis ils organisent les sessions et récoltent les données.
Une étudiante en Master d’éthologie est venue réaliser une étude sur cet apprentissage : son analyse est en cours.
Cette expérience, débutée à l’automne 2008, se poursuivra sur plusieurs années.

Brochure explicative sur la communication symbolique

 

Comportement de femelles dauphins gestantes

Collaboration : Anglia Ruskin Univ.
La gestation engendre des modifications physiologiques et hormonales chez les femelles mais on peut s’attendre à voir aussi apparaître des modifications comportementales.
Ce type de recherche demande un suivi régulier d’animaux et est donc difficile, voire impossible, à réaliser en milieu naturel. Une étudiante anglaise a collecté des données éthologiques pendant 2 mois sur deux femelles dauphins gestantes. Elle a suivi le comportement de ces animaux en portant une attention particulière aux relations sociales établies avec les autres membres du groupe.
L’analyse est en cours.